Expositions, Instantanés

DE(S)RIVES, un parcours artistique en douze étapes sur l’île Saint-Louis

Il ne reste qu’une seule journée* pour profiter de l’itinéraire imaginé par la galerie Aline Vidal à travers douze lieux de l’île Saint-Louis hébergeant les œuvres de douze artistes contemporains.

*Un crash d’ordinateur a malheureusement empêché la publication de cet article au début de la semaine…

Nomade depuis septembre 2012, la galerie Aline Vidal produit désormais des expositions ponctuelles, liées aux projets de ses artistes ou à l’actualité artistique du moment. La galerie a choisi cette fois d’inviter le public à une promenade reliant des lieux atypiques de l’île Saint-Louis n’ayant, pour la plupart, pas vocation à accueillir des œuvres d’art contemporaines. Sur la douzaine de sites que compte le parcours, on ne trouve en effet que deux galeries, les autres relevant de catégories aussi diverses qu’un magasin d’articles de pêche, un bureau d’avocats, un marchand de fromages, un atelier de photographie, une église, un hôtel, un commerce d’antiquités, une librairie et des bains-douches. Tous les participants ont été convaincus par Aline Vidal de prendre part à l’aventure en accueillant dans leurs locaux des œuvres d’art en adéquation avec leur activité et, pour certains, produites spécialement pour le lieu.

A l’exception de l’étonnant Hôtel du Jeu de Paume, où l’artiste gantois Honoré d’O a imaginé des installations inspirées par le décor et l’architecture hors norme du lieu, et de la galerie Alexis Renard, dont les antiquités indiennes et islamiques dialoguent avec les œuvres du photographe Patrick Everaert, le parcours se déroule essentiellement dans la partie orientale de l’île, préservée des cohortes de touristes déferlant en flots continus dans la rue Saint-Louis-en-l’Île depuis l’île de la Cité jusqu’à la boutique du glacier Berthillon. Au-delà de la rue des deux Ponts, l’île retrouve son atmosphère paisible et propice à la flânerie.

Pour découvrir le dessin de l’artiste Thibault de Gialluly, il faut s’arrêter à la Fromagerie de l’Isle dont le nouveau papier d’emballage a été spécialement imprimé pour l’exposition.

En passant devant la librairie Ulysse, on peut écouter la bande son de l’œuvre From Walden to Space conçue par Stéphane Thidet dont on retrouve un peu plus loin la vidéo Liquid Thoughts et les pièces en céramique Ce que l’on ôte.

Stéphane Thidet, Liquid Thoughts (vidéo), 2018 / Ce que l’on ôte, 2018 © Isabelle Henricot

L’espace qui accueillait initialement ces deux œuvres et celles de l’Iranienne Elika Edayat ayant subitement fermé pour cause de travaux, elles ont été transférées au studio Graines de Photographes, point de départ du parcours, où l’on peut les voir aux côtés de celles de Philippe De Gobert et de Lucien Pelen.

Philippe De Gobert, maquette © Isabelle Henricot

À noter que l’on retrouve également Stéphane Thidet dans l’île de la Cité avec l’installation Détournement occupant les salles basses de la Conciergerie (nous y reviendrons dans une prochaine publication).
Dans l’église Saint-Louis-en-l’Île, bâtie par l’architecte Le Vau et surmontée d’un insolite clocher reconstruit au XVIIIsiècle en forme d’obélisque percé de nombreux ajours pour donner moins de prise au vent, on peut voir l’installation en boutons de roses Rosa damascena du Néerlandais Herman De Vries posée à l’entrée de la nef.

Le clocher ajouré de l’église Saint-Louis-en-l’Ile © Isabelle Henricot

La galerie Dutko abrite, au milieu d’une exposition consacrée au peintre Pippo Lionni, l’installation 30 Ways to go to the Moon de la Japonaise Nobuko Tsuchiya.

Installation de Nobuko Tsuchiya, 30 ways to go to the Moon (tableaux de Pippo Lionni) © Isabelle Henricot

Il ne faut pas manquer de visiter la Maison de la Mouche, paradis des pêcheurs à la mouche parmi lesquels se compte l’artiste islandais Sigurdur Arni Sigurdsson qui y a installé ses aquarelles, imprimées aussi sur des fanions accrochés au-dessus de la vitrine.

Sigurdur Arni Sigurdsson, Fanions à la maison de la Mouche © Isabelle Henricot

Le parcours comprend également des œuvres du Catalan Miquel Mont – les Bains-Douches étaient malheureusement fermés lors de ma visite – et du Français Benoît Pype dont la vidéo réalisée avec un capteur à 10 000 images par seconde restitue la chorégraphie poétique de gouttes d’eau s’écrasant en mille éclats changeants.

Benoît Pype, vidéo projetée à la galerie L’Embrasser © Isabelle Henricot

 

DE(S)RIVES
2 rue des Bretonvilliers, 75004 Paris (début du parcours)
De 14h à 19h ce samedi 21 avril 2018

Photo de titre : Herman De Vries, Installation Rosa Damascena dans l’église Saint-Louis-en-l’Isle © Isabelle Henricot

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *