Expositions, Instantanés

Succès des ventes pour la Fiac 2019

Le vent et la pluie n’avaient pas découragé la foule qui se pressait au vernissage de la Fiac ce mercredi, témoignant de l’engouement toujours plus grand pour cet incontournable événement de l’art contemporain. Pour les 199 exposants rassemblés sous la verrière et les galeries du Grand Palais, les affaires semblent avoir bien commencé, de nombreuses œuvres ayant trouvé preneur dès le milieu de la journée d’inauguration malgré des prix souvent élevés.

Si, dans les plus grandes galeries, les prix des stars du marché se montrent parfois stratosphériques  – 1,7 M pour un ensemble de Louise Bourgeois associant quinze pièces de tapisserie avec quinze œuvres sur papier, vendu le premier jour chez Hauser & Wirth, ou 1,2 M demandé pour un tableau de Mark Bradford dans la même galerie, pour ne citer qu’eux –  beaucoup d’œuvres produites par les artistes de stature internationale, majoritaires dans cette foire, s’affichent à plusieurs centaines de milliers d’euros ce qui ne semble nullement freiner les transactions, comme en témoignent les nombreux galeristes déclarant avoir vendu presque tout le contenu de leur stand dès l’ouverture de la foire.
Pour en donner quelques exemples, chez Lelong, le paysage réalisé à l’iPad par David Hockney (Yosemite III, 2011) s’est vendu mercredi à 200.000 euros tandis qu’une grande tête de Jaume Plensa a trouvé acquéreur à 340.000 euros.

David Hockney, Yosemite III, 2011, Lelong © Isabelle Henricot

Les tableaux du solo show d’Andreas Eriksson présenté par la galerie Neugerriemschneider se sont presque tous vendus dès l’ouverture [j’ignore si le Texture mapping composé de 45 éléments, proposé à plusieurs centaines de milliers d’euros, en fait partie] de même que, chez Sadie Coles, plusieurs exemplaires des vidéos de l’installation d’Alex da Corte mettant en scène le rappeur Eminem prenant son petit déjeuner (The Superman, 2018) se sont négociées entre 95.000 et 200.000 dollars selon les formats.

Andreas Eriksson, Texture mapping, 2014-2019, Neugerriemschneider © Isabelle Henricot

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Chez Thaddaeus Ropac, le Gormley et le Rauschenberg ont également trouvé de nouveaux propriétaires.
Ces transactions soutenues sont certainement le signe d’une bonne santé du marché parisien, ce dont on peut se réjouir au moment où Paris, à la faveur du Brexit notamment, semble redevenir la capitale artistique de l’Europe attirant l’installation simultanée de plusieurs grandes galeries internationales.

En marge de ces opérations impressionnantes, on peut paradoxalement faire des achats beaucoup plus modestes à la Fiac, comme le montrent des galeries ayant choisi d’exposer – avec succès – des artistes moins connus. À la galerie Mendes Wood, par exemple, une exposition monographique consacrée à un jeune peintre brésilien né en 1983 – Antonio Obá – dont le travail mêle souvenirs personnels, mémoire collective et recherche historique, a fait le plein dès le début du vernissage et les toiles, dont le prix s’échelonnait entre 7.500 et 30.OOO euros, sont parties en un éclair, de sorte qu’en milieu d’après-midi il ne restait plus rien à vendre que quelques œuvres sur papier. De même chez Carsten Greve, qui présentait sur un mur un assemblage de petits portraits sans visage peints sur des morceaux de carton par Gideon Rubin, vendus au prix de 3.500 euros pièce, on observait sur le cartel une constellation de points rouges.

Gideon Rubin, Faceless Portraits, Karsten Greve © Isabelle Henricot

C’est donc à un large panel de collectionneurs que s’adresse cette 46e édition. Compte tenu du nombre élevé de ventes, il faut s’attendre à trouver le long des allées un paysage pictural changeant ces prochains jours, la plupart des galeries ayant déjà procédé à de nouveaux accrochages.

Sélection et visite en images :

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Au Petit Palais sont rassemblées dans le cadre de FIAC Projects une trentaine de sculptures et d’installations sélectionnées par la commissaire Rebecca Lamarche-Vadel en collaboration avec la Fiac et les conservateurs du musée [les sculptures exposées à l’extérieur – très peu éclairées – ne sont pas faciles à photographier – ni à voir – une fois la nuit tombée] :

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FIAC 2019
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
Jeudi 17 octobre de 14h à 20h
Vendredi 18 octobre de 12h à 20h
Samedi 19 et dimanche 20 octobre de 12h à 19h

FIAC Projects 2019
Petit Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
Jeudi 17 et vendredi 18 octobre de 10h à 20h
Samedi 19 et dimanche 20 octobre de 10h à 19h

Photo de titre : Georg Baselitz, Im Takt, aber leise, 2019 / Antony Gormley, Open introvert IV, 2018, Thaddaeus Ropac © Isabelle Henricot

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