Expositions, Instantanés

Paris Photo 2019, entre grands classiques et thématiques contemporaines

La 23e édition de la plus grande foire consacrée à la photographie réunit jusqu’à dimanche au Grand Palais 213 exposants venus de 31 pays : des pionniers jusqu’aux artistes émergents, un foisonnement d’images pour satisfaire tous les goûts et tous les budgets.

Que retenir de cette nouvelle édition ?
Les tendances qui se dégagent du grand rendez-vous de la photographie reflètent naturellement les préoccupations du temps. Les questions environnementales y occupent une place grandissante.

Edward Burtynsky, Tailings Pond #1, Wesselton Diamond Mine, Kimberley, Northern Cape, South Africa, 2018, Nicholas Metivier Gallery

Edward Burtynsky, Sishen Iron Ore Mine #2, Overburden, Kathu, South Africa, 2018, Nicholas Metivier Gallery

En témoignent notamment les spectaculaires images aériennes du Canadien Edward Burtynsky dénonçant l’exploitation abusive des ressources, visibles chez Nicholas Metivier ou Robert Koch entre autres, ainsi que le travail de Philippe Chancel sur les zones sinistrées de la planète, vu cet été à Arles et exposé à la galerie Mélanie Rio, ou encore l’immense photogramme de 30 mètres de long réalisé dans la forêt amazonienne par Roberto Huarcaya, déployé le long des parois du stand Rolf Art, ou les photos de Bruno Serralongue sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes chez Air de Paris.

Roberto Huarcaya, Amazogramas, 2014, Rolf Art © Isabelle Henricot

Les thématiques identitaires sont également très présentes, portées par des artistes afro-américains comme Ayana V. Jackson, dont les portraits majestueux s’imposent sur la stand de Marianne Ibrahim, interrogeant les relations Europe – Afrique et pointant les stigmates toujours sensibles de la colonisation.

Solo show d’Ayana V. Jackson à la galerie Marianne Ibrahim © Isabelle Henricot

De nombreuses galeries défendent par ailleurs la photographie du XXe siècle. On trouve donc à Paris Photo une grande diversité d’approches, de techniques, de regards, de même qu’on y côtoie à la fois des œuvres accessibles pour quelques centaines d’euros et des pépites valorisées à plusieurs centaines de milliers d’euros.

Cette édition 2019 se distingue au demeurant par la présence de deux solo shows exceptionnels consacrés à des pionniers de la photographie. Sur le stand d’Hauser & Wirth dont c’est la première participation à la foire, on peut voir un remarquable ensemble de treize tirages rares issus de l’illustre série « Menschen des 20. Jahrhunderts » réalisée entre les deux guerres par August Sander, dans laquelle le photographe dresse l’inventaire des métiers de la société allemande de l’époque (les prix s’échelonnent de 125.000 € à 450.000 €, le maximum étant la somme à débourser pour emporter la célèbre image du Maçon porteur de briques (1928)).

August Sander, Bricklayer, ca. 1928, Hauser and Wirth

Les galeries Gagosian et 1900-2000 se sont quant à elles associées pour présenter une importante sélection de photos de Man Ray provenant de la collection de son collaborateur Lucien Treillard (les prix vont de 10.000 à 700.000€ !).

Man Ray, Self-portrait with Half Beard, 1943/71, Gagosian / 1900-2000

Man Ray & Marcel Duchamp, Élevage de poussière, 1920 print 1975, Gagosian / 1900-2000

Man Ray, Simone Kahn, c. 1927, Gagosian / 1900-2000

On notera qu’ils ne sont pas les seuls exposants à avoir uni leurs efforts. Plusieurs d’entre eux se sont associés pour promouvoir le travail d’un artiste. C’est le cas de Baudoin Lebon et de la galerie Etherton qui ont rassemblé sur un stand commun un ensemble de photographies surprenantes de Joel-Peter Witkin à l’occasion des quatre-vingt ans de l’artiste.

Joel-Peter Witkin, Still Life, Marseilles, 1992, Baudoin Lebon / Etherton

Joel- Peter Witkin, The Kiss, New Mexico, 1982, Baudoin Lebon / Etherton

Nombre de galeries choisissent d’ailleurs de n’exposer qu’un ou deux artistes pour permettre aux visiteurs de mieux appréhender leur travail.
Le secteur « Curiosa », dédié cette année à la photographie émergente et confié à la direction d’Osei Bonsu, conservateur à la Tate Modern, réunit quatorze projets défendus principalement par de jeunes galeries.
Le secteur « Prismes » au premier étage regroupe comme les années précédentes des œuvres de grand format ainsi que des séries.

Paris Photo ouvrira au printemps prochain une première édition new-yorkaise visant à élargir son activité auprès des galeries américaines.

Visite en images :

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Paris Photo 2019
Grand Palais
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
Du jeudi 7 au samedi 9 novembre 2019 de 10h à 20h
Le dimanche 10 novembre de 10h à 19h

Photo de titre : Paris Photo 2019, vue de la galerie Stevenson avec un portait de Zanele Muholi © Isabelle Henricot

 

 

2 Commentaires

  1. Jean Frédéric Nothomb dit

    Encore bravo, Isabelle. Et merci de nous faire partager la quintessence d’expositions que l’on aimerait avoir le temps d’aller voir. Toujours avec finesse et élégance. Encore!

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